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Avec ce blog, je souhaite communiquer avec simplicité  mes pensées, mes méthodes de travail et mes décisions pour offrir des exemples de réalisation de projets, qu'il soient nomade, d'habitation, de rénovation et autres.

 

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J'ai toujours créé. Je dessinais et construisais beaucoup de chose dans mon enfance et j'ai choisi une filière artistique pour mes études. Pour mon entourage, il n'y avait rien d'étonnant.

Sauf que pour moi, cette notion d'art et de création était complexe. Au départ, la création venait de mes mains sans questionnement, il y avait une liberté de mouvement, d'innocence du geste qui me permettait d'être dans ces moments de "flow" où le temps n'a plus d'emprise.

Puis, j'ai choisi d'aller aux Beaux-Arts en section design, j'ai été invitée à rentrer dans une case: créer comme une artiste - designer. Je trouvais ce milieu élitiste et finalement pas vraiment ouvert à toute forme d'expression et d'idée. Je suis partie.

Cette expérience avec l'école artistique m'a profondément heurté dans la création. J'y ai découvert pleins de techniques mais parallèlement, la peur du jugement du corps enseignant (avec des notes) et les codes esthétiques m'ont coupé de ce lien naturel créateur. Je souhaitais pourtant être une artiste. J'ai fais des tentatives, une marque de bijoux, des peintures et dessins, mais rien n'était dans le lâcher prise, je contrôlais et créais par peur et non par amour.

A bien m'observer, je mettais faite une image de l'Artiste très restreinte. Créer dans un atelier, se faire connaître et gagner de l'argent en faisant évoluer son art pendant des années, était pour moi, la seule façon d'être une véritable artiste. J'essayais d'atteindre cet objectif sans éprouver une entière satisfaction.

C'est lors de croisement de plusieurs conversations avec mes amis et ma famille que cela m'a sauté aux yeux. Je courrais après cette volonté d'être artiste sans m'apercevoir que je l'étais déjà. Car mon entourage, eux, me voyait comme une artiste depuis le début.

Pour eux, je suis une artiste, par ce que je questionne le monde et ai le courage de vivre différemment selon mes valeurs.

Je suis une artiste par ce que je fais des choix propres et mets tout en œuvre pour les réaliser.

Je suis une artiste par ce que j'invente, créé, et compose sur beaucoup de domaines.

Alors, je me suis interrogée sur le mot "créer", voici les définitions du dictionnaire:

Donner l’existence à quelque chose qui n’existait pas encore, éventuellement à partir d'autres éléments.

Tirer quelque chose du néant, faire de rien quelque chose.

Produire, faire naître susciter.

Imaginer, inventer.

Avec du recul, je vois maintenant que tout ce que j'ai produit de mes mains et de mon esprit: Tiny House, rénovation de maison, création de meubles, aménagement de véhicule, site internet, ateliers d'expressions, photos… font de moi ma propre définition du mot "artiste" sans être enfermée dans un atelier.

Je créer plus simplement en fonction de mes besoins et non sur commande pour correspondre à une image. Je me suis foutue la paix avec cette volonté de productivité créatrice. Je vie la création avec plus de simplicité et de curiosité sur les différentes techniques qui existent. Pour moi la création simple c'est celle qui nait de l'amour du moment présent et non de la peur du passé ou du futur. J'ai encore du mal à reprendre mes pinceaux et crayons, mais je ne me force plus et ça c'est déjà libérateur.

  • Début Mai 2021 :

J'avais besoin d'acter et d'être clair dans mon intérieur. J'ai fait le choix de me libérer de la pression d'un travail en tant que salariée. Je pensais que faire ce choix serait la clé d'un nouveau monde, mes questionnements se seraient envolés avec mon positionnement. Mais non, il n'en est rien, une fois que vous avez sauté dans le vide, vous tombez.


Décider de ne plus travailler et de vivre dans le moment présent ne s'imprime pas dans mon cerveau, dans mon schéma de pensées habituelles. C'est comme ci celui-ci n'arrivez pas à concevoir que les mois de galère, les pressions financières, les stress de retrouver un travail, les faux semblants pour s'entendre avec ses collègues, les stratégies pour essayer de comprendre dans quelle entreprise tu as mis les pieds et tous les manèges qui s'y jouent, tous ces efforts pour être bien au travail et survivre dans ce système étaient terminés. J'ai même du mal à l'écrire.

Là, j'ai le choix de m'engager dans une entreprise ou non et ce nouveau pouvoir change tout. J'ai le choix, le choix , le CHOIX !

Mon cerveau ne comprend pas, il m'a programmé pour être toute ma vie une employée, ou une personne à son compte qui travaille difficilement, quelqu'un qui n'aurai pas le choix, quelqu'un qui subirai la situation. Par ce que dans la vie, on a pas le choix, c'est bien connu.

J'observe qu'il est difficile de reprogrammer et d'ouvrir une nouvelle porte vers un champs plus vaste encore. Il me faut un temps d'adaptation pour envisager un avenir diffèrent de ce que mes croyances avaient profondément placé dans mon intérieur.



  • Mi Mai 2021 :


Je suis traversée par le vide et je suis en panique.

Face à moi, l'étendue du temps sans grand projet. Avant j'anticipais presque sur les 5 mois à venir, je programmais des projets, des objectifs, des rêves ou des actions à mener dans ma vie. J'actionnais un à un mes projets, je bâtissais et évoluais dans le Faire. J'avais peur du temps, de ne pas l'avoir précisément, ne pas avoir le temps de vivre tout ce que devais vivre, je remplissais une "to do list" de ce que je voulais faire car j'avais peur de mourir et de n'avoir vécu.

Aujourd'hui, je me retrouve face au vide des heures, je me retrouve face à moi même aussi. Ma panique cache une profonde tristesse, j'ai passé 30 ans à être productive. Ce mot est douloureux, il me renvoi à mes agendas d'adolescente remplis par les compétions sportives et les notes scolaires, à ces vacances trop courtes, à cette course à être la meilleure, à se dépasser et à faire toujours mieux. Se dépasser pour être qui ? Pour aller au delà de soi, mais si nous allons au delà de nous, nous ne sommes pas nous alors. Nous passons à coté de nous même, comme si nous nous suffisions pas, nous recherchons par le dépassement à contacter ce que nous sommes profondément. Cela n'a pas de sens pour moi.


"Productive" est pour moi en opposition à ce que je suis profondément, comme "contre humain", une machine est productive mais un humain, est ce vraiment sa vocation ?

Un animal est-il productif ? Quand un oiseau construit son nid, il est dans l'action mais a t-il dans son esprit une forme de productivité, de faire toujours plus en un temps donné ? Je ne crois pas, alors pourquoi serions nous différent ?


Cette injonction à la productivité est révélatrice, j'ai été dans le Faire et je ne sais pas Etre. Je suis triste de me rendre compte que je n'ai pas appris à vraiment prendre le temps de ne rien faire, à écouter juste ce qui est bon sur le moment présent. Je ne sais pas me détacher de l'objectif fixé, sans objectif dans ma vie, je suis perdue, j'ai le sentiment de dépérir, c'est carrément flippant.

Vais-je me retrouver au fond d'un trou à me morfonde ou bien vais-je transformer ça avec joie ? En tout cas, une chose est sûre, je ne sais pas comment vivre dans l'instant présent.



Mi Mai avancé 2021

De la douceur.

C'est ce qui m'a manqué, j'ai profondément manqué de douceur avec moi même. Etre productive, travailler dure, essayer de se dépatouiller comme je le pouvais pour vivre était habituel. Je me rends compte que j'avais une tension intérieure permanente. Mon esprit n'était jamais vraiment au repos et en paix, il cherchait des solutions constamment à un mieux vivre.

Je pleure. J'évacue des larmes de chagrin, des larmes d'excuses aussi, je n'ai pas pris soin de moi. J'en suis désolé pour moi même. Je recherchais la douceur dans la nourriture, les bougies, les plaids chauds et l'amour des autres. J'ai bien essayé de remplir mon vase vide avec de belles phrases de développement personnel, j'en ai lu des livre, j'en ai fait des consultations, des thérapies pour réparer des blessures, mais le résultat était petit, j'enlevais des petites barrières, je contactais mon propre amour par petites gouttelettes alors que j'attendais la cascade. La douche d'amour.


En ayant le temps, je comprends que la douceur se trouve dans la non obligation. L'amour pour moi est dans le temps de vivre au moment présent. Je n'ai plus de challenge à réussir, j'ai simplement à Etre qui je suis sans jugement. C'est un cadeau immense, je ne sais pas comment le tenir dans mes bras, j'ai l'impression que c'est trop pour moi. Je peux aujourd'hui avancer avec plus de compassion et moins d'obligations, je peux lâcher prise mais j'ai peur, je ne sais pas réellement comment faire pour vivre avec plus de douceur et j'ai l'impression que toute ma vie perd en sens. Quelle direction prendre quand il n'y a plus d'impératifs extérieurs ? Et si je n'ai plus à me dépasser, vais-je continuais à grandir et évoluer ?


Fin Mai 2021

Le vide n'est plus, il existait en opposition à mes journées remplies, hors à présent que j'ai du temps, le vide n'est plus, il est devenu plein. Pas "plein" dans le sens où j'occupe chaque minute, non "plein" dans le sens, rassurant, familier, sécurisant. Je me suis acclimatée à lui. J'ai toujours des rendez-vous et des impératifs dans mes semaines mais je prends le temps d'y aller, de me préparer, d'être présente pour ces moments et ça change tout.




J'ai décidé de ne plus travailler, de ne plus rechercher d'emplois mais de prendre le temps de vivre et de laisser venir ce qui arrivera. Un pari fou mais authentique.


Je n'ai rien contre le travail, j'ai eu des boulots ennuyants et d'autres enrichissants, j'étais une employée appréciée qui faisait bien sont travail et apportait ses compétences aux services. J'œuvrais pour les autres avec envie et dévotion de faire bien. Je pouvais me donner à 100% et ne pas vraiment compter pour accomplir les missions que l'on m'avait attribué. Cela me remplissait, me donner une contenance d'être quelqu'un aux yeux des autres.


Mais aujourd'hui, j'ai envie d'expérimenter un autre format. Un format de vie où je souhaite vivre simplement avec lenteur, je souhaite pouvoir m'écouter et vivre les opportunités, les rencontres et les expériences avec intensité et sans limite de temps. Je souhaite créer, lire, apprendre sans avoir peur d'un manque quelconque. Je souhaite laisser la place à l'Être et non au Faire pour ainsi me laisser bercer par l'Univers.


Qui dit "travail" dit le plus souvent "argent". J'ai fait des choix par le passé qui me permettent aujourd'hui une indépendance et une souplesse dans mon mode de vie. Je n'ai pas besoin de beaucoup d'argent et je peux donc expérimenter cet absence de travail.

J'ai également conscience que des gens n'ont pas le besoin de remettre en question leur travail. Des personnes sont passionnées par ce qu'elles font, elles ont trouvé leur place juste. Pour moi, elles ne travaillent pas, elles s'accomplissent. Mais qu'en est il des autres ? Sont-ils prêts à arrêter de travailler pour laisser place à leurs passions, leurs valeurs, leurs intérêts ou le vide ?

Nous travaillons finalement pour un salaire nous permettant de rembourser des prêts ou de consommer. Mais si nous baissions nos charges, aurions nous besoin de travailler ? Si il n'y avait plus d'argent ou au contraire suffisamment pour tout le monde, continuerions nous d'aller travailler dans les mêmes conditions ? Ou ferions nous autres choses ? Ces questions sont ouvertes.


Décider de ne plus travailler est une déconstruction importante dans mon fonctionnement. J''observe que faire ce choix soulève des peurs et des zones d'ombres. Mes croyances limitantes arrivent au galop…


Grâce à l'école et à mon éducation, j'ai reçu la croyance que mon travail me donne un statut social = une richesse = une valeur. Si je n'ai pas de travail, je ne vaut rien. Très tôt, on m'a poussé à choisir un métier de façon claire et rapide. Les "je ne sais pas trop", ne sont pas appréciés. Le métier, c'est celui qui définit, qui rassure et qui cache les peurs du vide, alors vite, vite, vite trouvons celui qui nous correspond. Le mieux, c'est quand ce métier brille aux yeux de la société, là nous sommes fiers et nous rendons fiers ! Nous possédons alors une valeur que l'extérieur valide.

Ma croyance était : Si ce que je fais est validé par les autres, alors je suis une bonne personne.


Mais lorsque l'on ne trouve pas, que se passe t-il ? Il y a quelques années, j'expérimentais plusieurs métiers en en changeant tous les ans, ma grand-mère, m'avait dit qu'il ne fallait pas que je m'inquiète, je finirai bien par trouver mon métier. Cette phrase m'a donné réflexion, si ma vie c'était d'en avoir plusieurs ou si c'était de ne pas en avoir de métier, aurai-je moins de valeur à ses yeux ? Pourquoi j'avais cette impression, que je descendais dans son estime si je ne faisais pas carrière ? Pourtant, cela ne changeai pas qui j'étais. Non, je ne serais juste pas dans le conventionnel rassurant.

Ma croyance était: rester dans un métier et y travailler toute sa vie ferait de moi une personne heureuse et accomplie.


Et puis, le vrai travail c'est celui qui est rude. Pour mériter mon salaire, je dois me dévouer à l'autre avec difficulté et peine. C'est à ce moment que je suis une bonne personne et que je mérite la reconnaissance . C'est lorsque j'aurais suffisamment bosser que je pourrais prétendre à une reconnaissance. Pour être une bonne personne , je dois avoir un 20/20.

Ma belle croyance limitante servi sur un plateau était : la valeur ça se mérite ! Si tu ne fais rien, tu ne vaux rien ! Donc prendre le temps de vivre, c'est un peu léger comme philosophie de vie …


Bien souvent lorsque l'on rencontre de nouvelles personnes, la première question qu'on pose pour engager la conversation, c'est "tu fais quoi dans la vie ?" et la réponse n'est pas moins originale, " je suis … " et nous répondons par notre métier. Celui ci à office de nous définir entièrement, il reflète notre identité, car derrière un métier "mécanicien", "enseignant", "infirmier" ou "astronaute" il y a un imaginaire, un " champs lexical" d'image qui s'applique à la personne. Ceci est inévitable, nous avons besoin de mettre dans des cases mais pourrait-on répondre d'une autre manière à cette question ? Comment serait interprété le fait que quelqu'un dise : " Moi, je prend le temps de vivre" ou " J'œuvre à prendre soi de moi" ou encore "Je fais ce que je veux ! " ?

Je ne sais pas toujours quoi répondre à cette question car elle exclu d'autres facettes de qui je suis. Elle est pour moi "enfermante" et vient révéler cette croyance : pour être appréciée, il ne faut pas répondre dans le vague, sinon vous passez pour quelqu'un de louche ou perdue. Non, dans la vraie vie, on doit savoir ce qu'on veut, on ne passe pas son temps à prendre soin de soi, on travaille !


Je ne me résume pas à un métier car je suis avant tout une personne. Bon, très bien, je suis une personne, mais qui suis je alors comme personne ? A quoi j'aspire ? Qu'est ce que je veux être ? Une personne n'est pas vide. Si j'enlève ma fonction, que reste il ? Au début, je vois le vide, puis en cherchant je vois un chemin me menant vers la profondeur de mon intérieur. Ne plus travailler c'est pour moi comme un saut dans le vide pour aller à la rencontre de qui je suis vraiment. C'est osez me retrouver, me connaitre et me reconnaître pour m'aimer vraiment sans artifice. C'est m'accorder de la valeur intérieure et non croire à la valeur extérieure que l'on peut me donner. Je me rends compte que se mettre à nu demande du courage et beaucoup d'humilité.


Je décide de ne plus œuvrer pour les autres en échange d'un salaire mais d'œuvrer pour moi. J'ai l'opportunité de pouvoir expérimenter un nouveau format de vie. Un format non imposé, non courant et non conventionnel. C'est pour moi une décision importante, je souhaiterai la mener comme une exploratrice observant avec un regard neutre les conséquences de ce choix.

Que se passe t-il quand j'arrête de travailler sans limite de temps ? Est ce que je serai à mon écoute? Le regard des autres sera t-il facile à supporter ? Est ce que je serai à l'aise ou non ? Y'aura t-il des cotés sombres et néfastes face à ce choix ? Ou, vais-je découvrir ma vérité ?

Je tente l'expérience et cela ne fait pas de moi une profiteuse ou une feignante, non ce choix fait de moi une personne courageuse, osant vivre des expériences différentes de ce que l'on nous propose ou plutôt impose. Je ne passerai pas mes journées avachie dans mon canapé, non je pense passer mon temps à faire ce qui à du sens au moment voulu. Lire, créer, apprendre la poterie, exercer la philosophie quand je le souhaite , agrandir mon jardin pour gagner en autonomie alimentaire, partir, revenir, vivre avec peu.

Faire le choix de devenir soi avec authenticité est une recherche qui je pense vaut d'être vécue, je la tente avant qu'il ne soit trop tard.




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